Non, mais c’est vrai. Dès les premiers instants de la venue de Bébé, tout le monde accourt à la maison pour le rencontrer, le cajoler, le bercer. On ne salue la maman qu’au passage, en deuxième. Et puis, après quelques semaines, silence radio. Mais la nouvelle maternité, elle, reste. Change. Évolue. Les défis sont différents, les exigences envers la mère sont grandissantes, les besoins de bébé sont constants, mais les fois où ses besoins à elle sont mis au second plan, elles, s’accumulent, se multiplient. Et puis le verre se vide, se vide. Et on continue de ne saluer la maman qu’en deuxième, quand on le fait. Et force est d’admettre que la pandémie et le confinement n’ont en rien aidé la cause et ont plutôt nourri l’isolement, la solitude, voire même la détresse.

Bien sûr, il y a les amies, la soeur, les mères du forum d’allaitement ou même de celui de DME, celles avec qui tu as créé des liens via Instagram et vers lesquelles tu peux te tourner. Il y a la mère aussi (passons les enjeux insoupçonnés et inconscients de votre relation activés depuis que tu es toi-même maman). Vous vous empresserez de me dire, « eh bien, il y a le conjoint! » Oui, vous avez raison, mais non. Le conjoint est là, certes, mais malgré sa plus grande volonté, il ne peut pas tout comprendre, il ne pourra jamais saisir l’immensité de la tâche, le niveau de difficulté, l’intensité des émotions qu’un si petit bout d’humain peut générer. Et ça, c’est difficile, c’est lourd, ça épuise, ça frustre, ça reste pris comme une boule au ventre.

Maman nourrit bébé trois fois par jour (ramasse autant de fois), sort le chien, rentre le chien, gère chaque crise de changement de couche/vêtement, « rapaille » et essaye de préparer le souper pour que papa-fatigué qui travaille fort se sente au moins un peu bien à son retour à la maison, mais à la fin de la journée, qui console maman? Quand bébé a pleuré toute la journée, si fort et si longtemps que maman a pleuré elle aussi lorsque bébé s’est enfin assoupi, bercé par les fredonnements sanglotants de maman. Qui console maman quand elle est juste fatiguée de faire 1567 fois la même chose dans une journée? Quand elle se sent un peu perdue et déboussolée dans sa propre maternité? Quand elle sent un peu que son identité s’est envolée depuis l’arrivée de Bébé? Quand elle sent que le bon fonctionnement de toute la maisonnée pèse sur ses épaules? Qu’elle se sent inadéquate et coupable parce qu’elle aurait besoin d’un break, un vrai, mais qu’elle n’ose pas le dire trop fort? Qui console maman quand elle commence, timide et honteuse, à lire sur le burn-out parental?

Et vous, vers qui vous tournez-vous pour arriver à être comprise, réellement et sans jugement, et ce, peu importe si ce que vous avez à raconter sur votre rôle de maman est beau ou laid?

P.S. Ne vous en faites pas, je vais bien. Ce sont des hauts et des bas normaux, mais qui ne sont pas pour le moins difficiles.

Si vous êtes au bout du rouleau, parlez-en à votre médecin. Il ou elle pourra vous aider à trouver des solutions et des ressources pour vous aider!

 

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