Ça fait bientôt un an que j’ai donné naissance à Minilove. Le temps passe et les souvenirs s’estompent. J’aime bien me remémorer les événements marquants de ma vie, mais j’ai toujours un petit pincement au cœur quand je réalise que de plus en plus de détails m’échappent. J’avais pris le temps de mettre par écrit mon récit d’accouchement environ un mois après avoir accouché et déjà, ma mémoire me jouait des tours. J’ai voulu refaire l’exercice un an plus tard.

Je me souviens du mélange d’excitation et de frayeur qui m’habitait au moment de partir pour l’hôpital. Après 41 semaines de grossesse, je n’étais pas tannée d’être enceinte, probablement parce que ma grossesse s’était tellement bien déroulée. Toutefois, après 3 strippings en 2 semaines, 24h de contractions de plus en plus puissantes et rapprochées à la maison et très peu de sommeil, j’avais hâte de rencontrer notre coco.

Il était environ 20h à notre arrivée à l’hôpital. Ce soir-là, le temps passait à la fois vite et lentement. Je me rappelle d’un enchaînement de bain-tourbillon et de marche dans les corridors de l’unité des naissances appuyée sur mon amoureux. Je me souviens d’avoir mal, mais je suis incapable de me rappeler physiquement de l’intensité de la douleur.

Aux petites heures du matin, la fatigue était importante (plutôt normal quand ça fait une quarantaine d’heures que tu n’as pas dormi et que ça fait presque 30 heures que tu as des contractions). Je me souviens d’avoir été découragée de la lenteur de la dilatation de mon col et d’avoir demandé la péridurale. J’ai littéralement fait une sieste dans les minutes qui ont suivi son installation. Ensuite, la gynécologue qui crève les eaux, le travail qui stagne, le début de l’ocytocine pour faire avancer le travail.

La suite s’est passée plus rapidement. Le cœur de Minilove avait de la difficulté à reprendre de la vigueur après les contractions. Les décélérations se faisaient plus importantes au fur et à mesure qu’on approchait du moment de pousser. Je sentais bien les contractions malgré la péridurale. Je me revois en train de grelotter, les pieds dans les étriers, au moment où la dilatation de mon col se complétait : je faisais de la fièvre. On m’a donné un antibiotique IV.

À ce moment de l’accouchement, les souvenirs sont à la fois flous et très clairs. Je me souviens clairement de l’infirmière qui m’explique comment pousser, d’avoir poussé le temps d’une contraction en sa présence avant que le gynécologue arrive. J’avais conscience qu’il y avait beaucoup de monde dans la chambre. Le médecin m’a parlé calmement : « Ton bébé va avoir besoin d’aide pour sortir. Son petit cœur s’affaiblit rapidement. On va devoir utiliser la ventouse et travailler ensemble. On a trois tentatives, si bébé ne réussit pas à sortir, on va devoir aller en césarienne d’urgence. » Minilove est né à la deuxième tentative, juste avant midi. Un peu petit pour un bébé de 41 semaines, mais plein de vigueur, la tête un peu (pas mal) déformée par l’ecchymose causée par la ventouse.

C’est difficile de décrire le sentiment de fierté qui m’habitait tout de suite après la naissance. J’étais fière de moi et fière de lui, du travail qu’on avait fait ensemble. Je ne pense pas que la nouvelle maman que j’étais à ce moment avait pleinement réalisé l’ampleur du bonheur qui entrait dans sa vie.

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