Annuellement, un fameux palmarès des écoles secondaires sort dans les médias. Quand j’étais jeune, c’était l’Actualité qui s’en chargeait, aujourd’hui, c’est le Journal de Montréal.

Ce palmarès me dérange, laissez-moi vous expliquer pourquoi.

J’ai fréquenté, pendant tout mon secondaire, LA meilleure école publique selon ce palmarès. Elle oscillait parfois entre la position un, deux ou trois dans les meilleures écoles, publiques et privées, du Québec. Plus j’avançais dans mes études secondaires, plus mon école devenait inclusive, en admettant, par exemple, des étudiants ayant de moins bons résultats en maths et en leur permettant de faire des niveaux de maths moins avancés, en retirant la chimie et la physique obligatoires…

Par le fait même, mon école baissait de position. Parce que les résultats scolaires étaient moins bons et donc l’école, supposément moins bonne.

Parce que, pour être LA meilleure école au Québec, elle fallait n’accepter que la crème de la crème dans son école. L’ÉLITE. J’ai d’ailleurs souvent vu des enseignants remplaçants surpris parce que l’élite, comme on aimait tant nous surnommer dans le vrai monde, bah c’était des ados comme tous les autres. Qui lançaient des livres en classe, dessinaient des pénis sur les rétroprojecteurs et défiaient régulièrement l’autorité.

Loin de moi l’idée ici de basher sur mon ancienne école. J’y ai appris beaucoup, j’ai grandi là-bas, j’ai eu des profs extraordinaires qui m’ont ouvert les yeux sur le monde. Par contre, j’ai été sélectionnée pour fréquenter cette école. J’ai fait partie, en 2002, des 180 personnes les plus douées en maths et en chimie pour entrer dans cet établissement. J’ai obtenu des résultats suffisamment bons pour y demeurer et c’est tout.

Les enseignants ne sont pas « moins bons » ailleurs parce que les élèves y obtiennent de moins bons résultats. Ils enseignent simplement dans une école sans discrimination, inclusive et où tous ont une chance égale.

J’ai gradué en 2007. Je n’ai même plus mon école secondaire inscrite sur mon CV; j’ai accumulé beaucoup trop de diplômes depuis. Et je n’ai jamais eu un emploi ou une opportunité de plus à cause du nom de l’école sur mon diplôme, je n’y crois pas.

Je voulais simplement lever mon verre au personnel des « pires écoles » du Québec, et de celles dans le milieu, et de toutes les autres. Parce que peu importe les résultats de vos étudiants, ce qui compte, c’est la passion dans leurs yeux et leur souhait d’aider leurs étudiants. Et ça, je suis certaine que tous ceux qui travaillent dans le domaine l’ont, cette passion!

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