Juin 2008, en tête à tête au Cora Déjeuner du coin, deux p’tits culs se promettent le monde.  Elle lui a dit oui. Elle se dit qu’une offre comme ça, ça ne se refuse pas; elle, grande affaire timide et complexée et lui, son crush de toujours qui veut faire un grand bout avec elle.

Septembre 2020, à ce même Cora, deux p’tits culs un peu moins p’tits et devenus parents essaient de gérer le chaos que génèrent trois enfants dans un restaurant. Cette fois-ci, l’ambiance n’est pas à la fête. C’est le cœur gros et les yeux dans l’eau qu’ils abdiquent sans même avoir à se dire un mot: « C’est fini, on arrête ».

Les mots qu’on ne veut jamais avoir à prononcer ont été dits.  Heureusement, presque simultanément, deux drapeaux blancs se hissaient et une grande paix résonnait entre eux.

Avant de conclure une telle décision, il fallait évidemment examiner la situation sous toutes ses coutures, en long et en large, en pesant les pour et les contre. On a même gratté nos fonds de tiroir en espérant trouver une alternative moins drastique. Mais toutes nos pistes de solution avaient déjà été explorées, et ce, sans succès. La vie nous ramenait toujours à l’inévitable.

Une fois que le verdict est final, vient l’étape de la mise en place d’un plan de match, afin d’amortir la chute et de s’épargner quelques bleus indélébiles.

Puis, c’est le jour « J ». C’est le saut de bungee de notre vie. Les pieds sur le bord du précipice, il faut maintenant se lancer, mais en ne sachant toujours pas si l’élastique va supporter le choc et ce qui nous attend en bas. Personne ne le sait vraiment, car il n’y a pas de formule infaillible pour bien se séparer.

Heureusement pour nous, notre histoire s’est bien terminée. La chute nous a un peu amochés, mais on a pu atterrir sans trop s’écorcher. On s’amortissait l’un l’autre.

On ne s’aime peut-être plus comme des amoureux, mais on s’aime mieux, je crois. C’est la fin de quelque chose, mais dans la continuité d’une autre. Séparés, mais plus alignés que jamais.

Plus de contenu