Mon amie, ma sœur d’armes. Ensemble, nous avons remporté des batailles, mené de durs combats et nous en sommes, à chaque fois, ressorties plus soudées. Je connais ses forces et ses faiblesses, elle connaît les miennes et nous en faisons une arme. Elle a les mots et le timing pour me ramener sur Terre quand il le faut. Moi, j'ai la force et le caractère pour la protéger envers et contre tous.

Elle a vu naître mes enfants. Elle les a vu grandir tous les jours pendant près de 4 ans. Un nouvel emploi l’a éloignée physiquement de nous, mais pandémie ou pas, elle sait se faire sentir présente pour moi, sa filleule et sa nièce de cœur. Mes enfants se l'approprient affectueusement en lui donnant le surnom de : « Ma Lily ». 

J’ai fait le deuil, cette année, de ce troisième enfant qui ne viendra pas. Les circonstances actuelles de ma vie amoureuse ne me permettent pas une troisième grossesse. C’est une décision arrache-cœur parce que je ressens toujours ce vide, ce trou, ou plutôt cet espace dans mon cœur qui n’est pas comblé.

Je crois que c’est mental, un genre de placebo, mais depuis qu’elle et son conjoint sont en essaie bébé, j’ai le sentiment de m’accomplir à nouveau. Je me dis que peut-être les grossesses, c’est comme les règles; les meilleures amies sont menstruées en même temps! On dirait qu'aujourd'hui, je ressens quasiment l’effet bébé; la plénitude.

Je revis ces instants où j’ai commencé à prendre mes vitamines prénatales pleine d’espoir. La première fois où j’ai fait l’amour sans protection et l’attente des premières règles. J’ai tellement porté attention à mon corps en attendant bébé. Je scrutais chaque parcelle de moi-même. Je me sentais si sereine, comme si j’étais faite pour porter la vie. J’étais tellement posée que je n’arrêtais pas de sursauter pour tout et rien. C’est comme cela d'ailleurs, que j’ai compris que j’étais enceinte pour la deuxième fois.

Maintenant, c’est à son tour et je ressens, à travers elle, le désir de cet enfant. Je garde sous la main tout ce qui pourrait lui être utile. Je rêvasse en imaginant sa chambre de bébé. J’empile déjà les essentiels alors que bébé n’est même pas encore en route. Je me surprends même parfois à tenter d’imaginer son visage.  

Je suis en train de rediriger mon désir inassouvi d’enfanter sur elle. Et ça me fait du bien. Est-ce que cette grossesse et ce petit bébé chaton sauront me faire accepter que c’est terminé pour moi? Est-ce que je pourrai prendre un peu d’amour de cette naissance et venir patcher le petit trou qui est là, en dedans de moi?

Mon amie, je promets d’être à tes côtés pour te soutenir, te faire rire et t’écouter pleurer. Je promets aussi d’être disponible pour toutes tes questions sans jugement, avec respect et ouverture, comme d'habitude.

Je promets aussi de ne pas être trop intrusive… enfin… juste un peu!

Et vous, comment avez-vous vécu la grossesse de votre meilleure amie?

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