Il y a de ces journées où je me sens vide. Alors, comme toute bonne nostalgique, je farfouille dans les photos de bébés histoire de ne pas être nostalgique qu’à moitié! Les souvenirs qui m’émeuvent le plus sont ceux de mon allaitement. Clairement, je ne me sentais pas « vide » quand mes seins débordaient de partout.

J’adore tomber sur les photos live de mon enfant qui tète mon sein. Son petit menton qui monte et qui descend doucement. Je ressens presque les picotements annonciateurs de la montée de lait imminente, même plusieurs années plus tard. Je crois que si je me pinçais le mamelon, je pourrais couler à petite goutte comme un érable.

Mon premier souvenir, aussi douloureux que surprenant; la première montée de lait.  J’essayais de faire boire mon bébé naissant à un sein 2 fois gros comme sa tête et dure comme le rock. À ce moment-là, ma tante est entrée dans la chambre pour rencontrer ma fille. Elle a trouvé le moment si beau qu’elle l’a immortalisé. C’est une de mes photos les plus chères.   

Ensuite, je me suis mise à avoir des réflexes d’éjection limite dangereux. J’aurais pu lui crever un œil, à ce pauvre bébé, si elle avait reçu le jet en pleine bouille. Ça me faisait tellement rire quand j’arrosais mon chum avant la tétée! Un vrai fusil à eau et j’avais la gâchette facile! Ce n’était pas du régurgit qui salissait le plancher chez nous, c’était des traces de lait maternel qui frisait. 

Tout ça s’est régularisé. La production de lait a atteint sa stabilité. Bébé me vidait un sein, prenait quelques tétées de l’autre. Ce qui veut dire que la majorité du temps, j’avais un sein gonflé à bloc et l’autre comme une vieille baloune de fête dégonflée. Je n’avais pas besoin de bracelet au poignet pour savoir par quel sein commencé au prochain boire. J’avais juste à regarder mes seins pas de brassières dans le miroir.

On s’est adaptés, bébé et moi, à toutes sortes de positions; couché, incliné, la madone d’un bord, la madone de l’autre bord, le koala, la louve, name it. Mes plus belles tétées étaient celles où on se retrouvait dans mon lit, très tôt le matin. Elle était collée contre mon ventre, sa chaleur me réchauffait. On se rendormait paisiblement toutes les deux, elle a té-touiller maman et moi à écouter ses petites gorgées de lait descendre dans sa gorge.

Crédit:Amélie Sylvestre

Quand elle ouvrait finalement les yeux, elle avait la joue rougie de s’être endormie à pleine face dans le lait bien collant. Il y avait un lac sous mon sein, mais je m’en foutais. Bébé et moi, on était bien comme ça. J’y pense souvent quand je me couche sur le côté et que mon sein mou s’écrase contre le matelas. Je ne le changerais pas, mon petit sein mou, il me rappelle les plus doux moments de ma vie.

Et vous, quels sont vos plus beaux souvenirs d’allaitement?

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