Avec le début du mois de décembre et la période des Fêtes à nos portes, je ne peux m’empêcher de faire un retour en pensée sur l’année qui s’achève. L’an 2 d’une pandémie mondiale où les mauvaises nouvelles, idées, comportements, discours et politiques ont pollué notre environnement physique et psychologique. Je suis foncièrement une femme heureuse, optimiste et très consciente de la chance que j’ai de vivre au sein d’une société comme la nôtre. Reconnaissante, je suis tout aussi réaliste et pragmatique… En fait, je dois avouer que je suis épuisée – que j’ai le bonheur fatigué.

Plusieurs redoutent un second grand confinement, moi la première. Il est évident que l’humain n’est pas bâti pour vivre seul et isolé. Nous sommes des bêtes de meute. Or, la qualité de la meute des 24 derniers mois (presque) ne m’a guère impressionnée… et je crains être devenue quelque peu misanthrope. En me repliant sur ma famille proche, j’ai trouvé ce dont j’avais réellement besoin. Des conversations significatives, du temps de réflexion, des repas animés, des gens qui écoutent et qui partagent, l’élaboration de projets ainsi que plusieurs niaiseries et rires. Pourquoi sortir à nouveau dans ce monde si brusque et froid ?

J’adore la politique, l’histoire, le voyage et la culture. J’ai toujours été une grande consommatrice de nouvelles (imprimées et visuelles), de lectures et de documentaires. Plus maintenant. Trop déprimant. Ça brime mon bonheur. Celui que j’essaie tant bien que mal de préserver… au travers la pandémie et la quotidienneté des catastrophes naturelles, des crises démographiques et des guerres.

Travailleuse autonome, la situation sanitaire m’aura fait perdre mes trois sources de revenus. Une seule est de retour à la vie. La fin de la pandémie ressuscitera les 2 autres… du moins je l’espère. Malgré tout, quand on me demande, si je suis heureuse, je réponds toujours « oui ». Mes proches et moi sommes en santé. Nous avons un toit, de quoi se vêtir et se nourrir. J’ai deux ou trois ami.e.s sur qui je peux compter réellement. Et j’habite un grand territoire qui n’est ni en guerre ni en dictature et où j’existe aux yeux de la loi. Or, pour certain.e.s, ces arguments ne sont pas assez pour être heureux.euse.s… et je suis fatiguée de me défendre. Faut-il toujours monter aux barricades pour décrier nos « malheurs » ? Je ne propose pas de « vivre pour un p’tit pain », mais bordel ! Êtes-vous conscient.e.s de la qualité de vie que vous avez présentement ?

Peut-on envisager un jour où nous pourrons vivre en paix, sans s’engueuler constamment ? Un jour où nous serons satisfait.e.s et reconnaissant.e.s de nos situations respectives, même imparfaites ? Un jour où l’intérêt commun sera plus important que l’intérêt individuel (surtout commercial) ? Un jour où les solutions seront plus recherchées que les confrontations ?

La pandémie m’aura permis de découvrir ce qu’est le vrai bonheur. Plus je vieillis, plus j’épure et je simplifie. Revenir à la base. En 2022, peut-on juste revenir à la base en tant que société ? Parce que j’ai beau être heureuse, j’ai quand même le bonheur usé et fatigué… comme ma carte Inspire de la SAQ.

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