La vie de tous les jours avec des enfants, on le sait, c’est fatigant, c’est parfois difficile. Je dois souvent me rappeler à moi même qu'il faut vivre le quotidien de façon positive. Et, à l’occasion, j’y arrive. L’été, c’est un beau moment pour créer des souvenirs remplis de sens et de beau. Pour les parents comme pour les enfants.
 
J’ai vécu trois secondes d’épiphanie dernièrement. Pendant la dernière baignade de l’été. On est allés souvent à la plage avec quelques autres familles. Je vis maintenant des sorties à la plage qui ne se résument plus à courir derrière un enfant qui cherche vraisemblablement à se noyer ou à en sauver un autre qui goûte à toutes les roches, aux bouts de bois et aux autres objets non comestibles qui traînent au sol. J’ai donc pu voir les enfants qui jouent dans l’eau, dans le sable, qui rient avec les autres, et surtout, qui ne s’ennuient pas. Au soleil. Heureux.
 

Crédit : Christine Porlier/Instagram

Ça m’a rappelé ma propre enfance, bien sûr. Pas sur cette même plage, mais pas loin. Les jeux dans les falaises de terre glaise avec mes cousins. Le chalet de mes grands-parents. Ces images-là, et bien d’autres ont façonné mon enfance. Elles sont encore aujourd’hui des liens avec les gens qui ont vécu ces moments avec moi.
 

Été 1977 ou 1978 à Carleton
Crédit : Claire Caissy

Et debout sur la plage cet été, j’ai vu que mes enfants étaient en processus de création de souvenirs. Ils commencent à être assez vieux pour se rappeler certains événements. La plage à la sortie de la rivière. Le pont avec le courant. Courir avec les amis dans l’eau à marée basse.
 
Ça m’a un peu secouée. La sortie à la plage, tout d’un coup, est devenue quelque chose d’important. Je l’avais vue comme une activité plaisante jusqu’à maintenant. La voilà désormais porteuse d’avenir, peut-être marquante. (C’est en écrivant ces dernières lignes que je me rends compte que je vis encore dans le futur, je vais avoir besoin de trucs, je pense !)
 
En même temps, c’est pas comme si j’étais à la recherche de sens par rapport à ma vie parentale. Au contraire : c’est presque trop des fois. Je finis par me sentir responsable de tout. Mais de m’arrêter pour voir du bonheur, ça me rend heureuse. De me dire que ces moments-là pourront peut-être devenir une assise, symbole de bon temps familial, dans le vécu de mes enfants, ça me fait me sentir bien maintenant. 
 

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