Nous venions tout juste de célébrer la fin de l’année 2017 et de faire le constat qu’elle avait été douce et bonne avec nous. Emballée par l’idée d’entamer 2018 et tout ce qu’elle allait m’apporter, je me souviens m’être dit que tout était possible. C’était un beau début d’année.

Puis, sans crier gare, alors que nous allions à notre rendez-vous annuel chez le vet pour notre beau Milk, on nous apprenait qu’il était en grande souffrance.

Milk, c’est le plus beau de tous les chiens. C’est aussi mon bébé. Celui qui me suivait au pas dans la maison. Celui qui était le confident de mes enfants. Leur grand partner de nage. Sauter au bout du quai en faisant un décompte, c’était « leur » affaire. Celui qui attendait son tour le samedi matin pour se coller, après les enfants. Il embarquait sur moi, oubliant ses 92 livres. Mon mari ne travaillait jamais autour de la maison sans Milk, avec lui, à lui apporter des roches ou à piger des bûches dans la corde de bois. Milk, c’était un membre à part entière de notre famille.

C’était aussi un grand et vaillant gaillard. Assez pour qu’à l’article de la mort, il ne nous démontre aucun signe de souffrance. On nous donnait 24 h pour prendre la décision de mettre fin à son combat silencieux. C’était irréel.  

En famille, assis par terre avec Milk tout près de nous, nous avons discuté. « Milk souffre et il nous faut considérer le laisser partir, mais c’est en famille que nous prendrons cette décision. » Les larmes coulaient et l’amour était tellement là que ça faisait presque mal. Par amour, il nous fallait dire adieu à l’un des nôtres.

Nous avons fait le plein de souvenirs avec des photos, des vidéos et finalement avons pris le chemin de la clinique. Milk qui ne refusait jamais un tour d’auto freinait à sortir de la maison. Comme s’il le savait.

Nous avons laissé aux enfants la place qu'ils demandaient. D’abord, ils furent avec nous lorsqu’on nous a expliqué le processus. Puis, ils ont flatté Milk et sont sortis au moment où le sédatif allait être administré.

Le sédatif a pris du temps à faire effet parce que Milk le combattait. Il cherchait à sortir de la pièce pour revenir à la maison à nos moindres mouvements. Ça me bouleversait. Quand, finalement, Milk s’est allongé, nous avons laissé rentrer les enfants. C’était le temps pour eux de lui souhaiter bon voyage.

Bientôt arrivait le temps de le laisser partir. Les enfants sont sortis (ma sœur les attendait) et puis, je me suis allongée en cuillère avec lui sur le sol. Je l’ai flatté tout en le remerciant des onze belles années de complicité. Je lui chuchotais tout ce que j'ai trouvé de beau avec lui et à quel point mon amour pour lui ne se décrivait pas. Pendant de longues minutes, j’ai fait le plein de becs sur ses oreilles, mon nez au creux de son cou. Et j’ai pleuré. Toutes les larmes de mon corps.

Lorsque le vet est entré, il m’a suggéré de prendre place devant Milk, pour qu’il me voie.  Milk a planté son regard dans le mien. Il écoutait ma voix. Et pendant que la vie le quittait, les yeux dans les miens, je lui ai souhaité bon voyage. Qu’il pouvait maintenant aller là où il nagera à l’infini. J’avais mal, tellement, mais tellement mal. Mais je savais que c’était la bonne décision.

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