Petit bilan d'un congé parental partagé 50-50

Crédit photo: Pexels/Pixabay Petit bilan d'un congé parental partagé 50-50

Quand nous avons eu notre premier enfant, nous n’avons pas partagé le congé parental. Mon conjoint était aux études, et rater une session lui aurait fait prendre un an de retard, ce qui n’était vraiment pas une option avantageuse pour lui et pour notre famille. Au moment d’accoucher de notre deuxième enfant, ses études étaient terminées et il a rapidement manifesté l’envie de prendre une partie du congé parental.

Au début, nous avions parlé des trois derniers mois. Mais voilà, je suis prof, et notre bébé étant né en février, j’aurais dû rentrer au travail en novembre… deux petits mois après la rentrée scolaire. Dans une classe qui n’était pas vraiment la mienne, avec des élèves qui s’étaient attachés à ma remplaçante, avec aucune journée pédagogique pour planifier et me remettre dans le bain. Dans ce contexte, recommencer en septembre me semblait plus facile. Commencer le congé parental de mon chum plus tôt nous permettait aussi de prendre des vacances en famille, ce qui aurait été impossible avec son nouvel emploi.

Nous avons donc décidé de nous partager le congé 50/50. En incluant son congé de paternité, mon chum aura même été à la maison un peu plus longtemps que moi. Qu’est-ce que j’en retire? Que du positif… ou presque.

D’abord, j’ai eu un retour au travail beaucoup plus smooth que la première fois. J’avais un homme à la maison! Pas besoin de courir pour préparer les enfants le matin, pas besoin de stresser avec l’intégration à la garderie qui coïncide avec le retour au travail. J’ai aussi la chance d’avoir un horaire idéal pour les enfants. Je pars de la maison au plus tôt à 8h30 et y reviens au plus tard à 16h. Je peux parfois rentrer dîner comme l’école est à 10 minutes de voiture de chez moi. Au début, c’est ce que je faisais. Dès que j’avais une période libre collée sur le dîner, je rentrais à la maison allaiter mon fils et je travaillais de chez moi. La coupure a donc été beaucoup plus douce et facile que pour mon aîné. Moins de pression aussi pour le ménage, la préparation des repas.

Surtout, j’ai vu une grosse différence dans le rôle auprès des enfants. À la fin de mon premier congé de maternité, j’avais l’impression d’être l’experte de notre enfant, d’être LA référence. J’étais celle qui connaissait sa routine du dodo, ses préférences alimentaires, ses habitudes, ses vêtements, bref, tout de mon enfant. Mon chum en connaissait aussi, mais beaucoup moins… Il ne savait pas non plus ce que ça représentait, s’occuper d’un enfant 24/24, 7 jours sur 7. Cette fois-ci, au contraire, il y a eu des moments où il en savait plus que moi. J’ai senti qu’il s’occupait plus spontanément des enfants quand nous étions les 4 ensemble, qu’il prenait plus souvent les devants. Qu’il découvrait l’amour, la tendresse, la douceur du quotidien, mais aussi l’ennui, l’aliénation, la frustration de n’avoir pas fait la moitié de ce qu’il pensait faire dans une journée. Le stress du congé aussi. De manquer des réunions importantes, de te faire dépasser en ancienneté par des collègues, d’avoir l’impression de tout manquer au travail. Il a vécu ce que toutes les femmes qui ont des enfants vivent. Et ça a TELLEMENT fait de bien à notre famille, cet équilibre retrouvé, cette compréhension mutuelle.

Le mais?...Les nuits. Je n’avais pas tellement réfléchi au fait qu’un bébé de 6 mois, ça ne fait peut-être probablement pas ses nuits…Comme j’allaite mon bébé, je me suis retrouvée avec des nuits morcelées et souvent trop courtes. Mais je devais travailler toute la journée, je ne pouvais pas rattraper le sommeil perdu pendant les siestes. J’ai trouvé ça plutôt difficile, surtout au début. Ça aura pris 35 ans et deux enfants, mais merci, caféine.

Malgré ce bémol, si c’était à refaire, je le referais sans hésiter. Avez-vous partagé le congé parental avec votre conjoint? Aimeriez-vous le faire?

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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