Quand grossesse ne rime pas avec vitesse

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Je sais que certains couples vivent pire que moi. Que certains doivent se rendre en clinique de fertilité et dépenser plusieurs milliers de dollars pour mettre toutes les chances de leur côté. Que d’autres se tourneront vers l’adoption, et devront aussi patienter plusieurs mois avant d’avoir la chance de tenir leur précieux dans leurs bras. Chaque cas est différent, avec son lot de stress et d’incertitude. Pour ma part, ça aura pris deux ans avant de pousser mon soupir de soulagement.

Je savais depuis toujours que je voulais être mère. J’avais ça en moi, je voulais porter la vie. Quand est venu le temps de « cesser de pratiquer » et d’analyser plus sérieusement la courbe de température, je me disais qu’on ferait ça comme des pros, que 2-3 cycles et hop! ce serait enclenché… Comme la plupart des filles de mon entourage, qui sont presque toutes tombées enceintes en criant lapin, je pensais moi aussi réussir à faire ça les doigts dans le nez. Après tout, mon cycle était régulier et nous n’avions pas de problème de santé. Mais ça ne s’est pas passé comme ça. Mon rêve d’avoir des enfants avant 25 ans a dû être repoussé à 30 ans. Après un an d’essai, j’ai commencé à paniquer, à me dire qu’il y avait certainement quelque chose qu’on ne faisait pas correctement.

Ont alors commencé les examens et les suivis plus sérieux avec ma gynéco. Mon conjoint de l’époque a passé un spermogramme et moi des tests de fertilité. Après quelques semaines d’attente, le verdict est enfin tombé : c’était moi le problème! Pour faire simple, ma période d’ovulation est faible, malgré le fait que mon cycle soit réglé au quart de tour. Je ne savais pas trop quoi penser de tout ça, j’étais plutôt désemparée. Ma gynéco m’a alors suggéré les traitements aux hormones. J’étais réticente, mais en même temps je voulais un enfant… On a pris quelque temps pour y penser et on a continué à essayer.

Les semaines ont passé, ma frustration a grimpé en flèche. J’ai rappelé le médecin et je me suis décidée à suivre un premier traitement. Elle se voulait encourageante et me disait qu’après un cycle, ça pouvait déjà fonctionner. Après 8 mois de démarches et toujours rien, nous étions de plus en plus frustrés et découragés. Je pleurais souvent, ça minait mon moral et mon couple. Quand je suis retournée pour le suivi, j’avais fait le choix de tout laisser tomber. De laisser la vie suivre son cours et advienne que pourra. La gynéco partait en vacances pour l’été, elle ne me reverrait qu’à son retour. Je me donnais du temps pour me refaire une santé morale et essayer de moins focaliser sur le sujet. Je lâchais prise, chassais le stress et pensais à moi. Et là, à peine 2 mois plus tard, le miracle s’est produit!

De toute ma vie, cette journée d’août 2007 est sans doute une des plus belles qui me soit arrivée, celle de voir apparaître le petit signe positif sur le test de grossesse. Le stress accumulé s’est dissipé, la culpabilité de ne pas être capable de donner la vie s’est envolée. Tout ça a fait place à l’attente, celle d’enfin pouvoir tenir mon petit trésor dans mes bras.

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