Ma petite histoire de fausse couche précoce

Crédit photo: Bruno Ramos Lara/ Unsplash Ma petite histoire de fausse couche précoce

Toutes les années, mes amis font un gros party de la Saint-Jean. En 2013, j’étais fébrile d’y aller, car personne ne savait encore que j’étais enceinte. J’avais tout planifié avec mon chum pour faire semblant que je buvais. À seulement 6 semaines de grossesse, je ne me sentais pas prête à l’annoncer.

 

Quand je suis allée aux toilettes pendant la soirée et que j’ai vu une petite tache de sang sur le papier, j’ai immédiatement eu le mauvais feeling que tout était terminé. Voyez-vous, ça faisait déjà un an qu’on avait commencé les essais bébés et j’étais un peu découragée du processus. Je sais que plusieurs femmes ont des saignements pendant leur grossesse, mais lorsque les saignements ont augmenté de jour en jour, je n’avais plus beaucoup d’espoir pour ce bébé tant désiré.

 

C’est le 1er juillet, après avoir passé la journée au complet à l’urgence, qu’on me confirmait que ma grossesse ne passerait pas le cap des 7 semaines. Fausse couche précoce. On m’a donné un rendez-vous pour une prise de sang dans une semaine et on m’a renvoyée à la maison avec la seule consigne de ne pas utiliser de tampons.

 

C’est fou comment une balloune peut crever rapidement. J’étais tellement contente d’être enfin enceinte. De penser aux noms, à la chambre, à comment on allait l’annoncer à la famille. Mais voilà, j’étais de retour à la case départ, avec des crampes à ne plus finir et des saignements qui allaient durer pendant HUIT semaines. Oui, j’ai saigné plus longtemps que j’ai été enceinte. Génial.

 

Quand on fait une fausse couche si tôt, il n’y a pas vraiment de ressources ou de support offerts. Après en avoir vécu deux, je me rends compte que j’aurais apprécié que quelqu’un me dise que c’est absolument normal d’avoir de la peine. Que c’est normal de faire le deuil de cet univers qu’on venait tout juste d’attraper du bout des doigts. Ce n’est pas parce que notre grossesse a été courte qu’on devrait juste move on comme si rien n’était arrivé.

 

Il y a aussi ce sentiment de culpabilité qui nous ronge; est-ce que c’est de ma faute? Il faut savoir qu’environ une grossesse sur cinq finira en fausse couche et que la raison principale est une anomalie génétique du foetus. Il n’y a pas de honte à en parler; au contraire, ça enlève le stigma autour d’une situation plus que normale. Autour de moi, je connais des dizaines de femmes qui sont passées par là. L’important, c’est d’en parler ouvertement avec notre partenaire et de mettre des mots sur les émotions qu’on ressent.

 

Ça m’aura pris près de 2 ans supplémentaires avant de retomber enceinte (et un petit coup de pouce médical), mais dans la plupart des cas, il est possible d’avoir une grossesse normale suite à une fausse couche. Mais je dois avouer que ça teinte la joie et que ça met un petit nuage gris sur le prochain test positif.

 

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