La trahison qui m'a rendue plus forte

Crédit photo: Terry Tan De Hao/Unsplash

Il y a quelque temps, je vivais un des épisodes les plus difficiles de ma vie : la trahison de mon conjoint et de mon amie. Lorsque j’ai découvert le flirt qui existait entre eux, je me suis sentie en colère et complètement perdue. Plus je réfléchissais à cette histoire - essayant de comprendre mes erreurs -, plus je me noyais dans une mer d’hypothèses sans réponse concrète. On dit que rien n’est noir ou blanc dans la vie. Mais je revenais sans cesse au même point de départ : qu’est-ce que j’avais bien pu leur faire de si terrible pour mériter ça? Elle était où, ma zone grise?

J’ai souffert, fort et longtemps. J’ai perdu confiance en ma famille et mes amis. Je me voyais mauvaise, convaincue d’avoir mérité que deux personnes que j’aimais me fassent autant de mal. Je me suis détestée à un degré qui m’effraie aujourd’hui. À force de me creuser la tête en vain, j’ai fini par croire que c’était ma faute. Je n’avais pas été une bonne conjointe ni une bonne amie. Ils ont tué ma confiance, en moi comme envers les autres.

J’étais considérablement seule, mais de mon propre isolement. J’avais honte de cette histoire, je me percevais comme celle de qui partait toute cette merde. Je cachais maladroitement ma détresse qui gagnait du terrain de jour en jour. Une fois, j’ai écrit ma rage et mon incompréhension à travers un billet qui a été publié sur TPL MOMS. Je l’ai lancé comme une bouteille à la mer. Ça ne me m’a pas apaisée comme je l’avais espéré.

Mille fois, je m’apprêtais à transférer mon texte à cette « amie » pour qu’elle réalise le poids de son geste. C’était le silence de son côté depuis de longs mois; blocage sur les réseaux sociaux et tout. Elle mettait énormément de distance entre elle et moi. Dans ma vision trouble des choses, j’en arrivais à croire que c’était parce que j’étais mauvaise pour elle. Alors que je sais maintenant qu’elle était seulement trop lâche pour faire face aux conséquences. Qu’elle tentait de protéger sa réputation et sa relation actuelle. Mais chaque fois que mon message était prêt à être envoyé, une petite voix me disait que c’était inutile d’agir de la sorte. Je ne lui ai jamais envoyé de moi-même.

Un jour, sans vraiment le vouloir, j’ai laissé filtrer une bribe de cette histoire à quelqu'un qui m'a seulement demandé si j'allais bien. Une fois la digue ouverte, toute ma peine s’est déversée. À ma grande surprise, elle a été accueillie avec respect et compassion. Les mots que j’osais enfin prononcer, tout comme l’écoute que je recevais, ont complètement changé ma vision du problème. J’ai alors compris que je n’étais pas la mauvaise personne de cette histoire. Mon erreur, c’était d’avoir gardé cela pour moi. D’avoir cru que j’étais seule. Que je ne méritais pas d’amour.

J’ai alors accepté de sortir de ma torpeur, de tourner la page. J'ai appris ce qu’est la résilience, que moi aussi j’en étais capable! J’ai appris que ma confiance pouvait être rebâtie. J’ai accepté les excuses et les efforts de mon conjoint. Je tente de poursuivre ce que j’ai construit avec lui. Notre quotidien s’allège un peu. Je n'ai plus eu de contact avec cette personne que j'avais considérée comme une amie. Dernièrement, j’ai entendu dire qu'elle avait paniqué à la lecture de mon texte. J’ai une bonne fée quelque part qui a fait en sorte qu’elle tombe dessus, qu’elle prenne un peu la mesure de ses actes.

Apparemment, elle a tenté maladroitement de se disculper de toute faute, en communiquant avec certaines de nos relations communes. Mais personne ne l’a cru. C’est ce que j’ai entendu dire. Les racontars me suffisent, je n’ai plus besoin de sa version maintenant. Si elle me le demandait, je lui donnerais davantage des remerciements que mon pardon. Car, sans ses agissements, je n’aurais pas fait ce cheminement ni compris la valeur de la sincérité, de la loyauté et de l’amitié.

Il me reste à apprendre le lâcher-prise. Car la seule évocation de cette histoire me replonge parfois dans une colère froide ou une détresse poignante. Il y a encore des jours difficiles; heureusement de moins en moins. Un pas à la fois, je me reconstruis, j’améliore mon estime de moi. Plus que jamais, j’ai envie d’amour, de bonheur et de paix. Je veux m’aimer comme étant une femme belle, forte et courageuse. Je m’entoure de personnes qui croient en moi, qui ont envie de me voir heureuse.

Il paraît que lorsqu’on lâche prise, on grandit. Je commence aujourd’hui à cicatriser mon cœur.

Psssttt ! Envoie-ça à ton ami!

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