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Je suis séparée depuis un an jour pour jour. J'ai quitté le père de mes enfants. Je ne l'aimais plus, sans comprendre pourquoi. Il n'était ni violent ni méchant, ni menteur ni pervers narcissique. Je ne l'aimais plus, c’est tout. La flamme était complètement éteinte. Plus de braises sur lesquelles souffler, juste des cendres. 

Savoir partir quand il le faut était une valeur cardinale de ma vie de femme. Mais cette fois-ci, c'était différent, partir a été une torture. Un dilemme infini qui a duré des mois et des mois. Respecter mon coeur ou mon cerveau? Mes sentiments ou mes enfants sous mon toit tous les jours? Des mois avant, j'avais comme une nausée interminable, et je sentais que j'allais devoir vomir ma peine, que c'était impossible de faire autrement. 

Quand j'ai prononcé les mots « je crois que je t'aime plus », j'espérais un électrochoc, un retour en arrière, une étincelle. Mais non, en les prononçant, j'ai compris tout de suite que ma décision était ferme et définitive. Il a fait une chute libre, sans parachute. Il n'a pas pu se battre. Il pouvait tout essayer, j'étais un mur. Un mur de brique impénétrable.

Ce que je ne savais pas, c'est que même un an après, j'allais toujours regretter avec le même sentiment d'impuissance et de culpabilité de ne plus voir mes enfants qu'une semaine sur deux. De ne pas les serrer dans mes bras tous les soirs. De ne pas me réveiller tous les matins avec leurs jolies têtes blondes et décoiffées. De ne plus leur servir leurs céréales au réveil. Soigner tous leurs bobos. Les rassurer toutes les nuits. J'ai cru que ce serait possible. Que des tonnes de mères vivaient ça aussi, que je n'étais pas la seule maman séparée et que j'allais vivre avec... ou plutôt sans. 

Ce deuil-là est encore aujourd’hui impossible à faire. Le fait de n'avoir absolument rien à reprocher à mon ex me fait me poser des tonnes de questions. Pourquoi l'amour est parti? Pourquoi je n'ai pas su raviver la flamme? Et tous les jours je regrette d'avoir quitté leur père, pas par amour, plutôt pour eux. Mais j’ai beau regretter, je ne suis pas capable de revenir vers lui. Tous les jours, j'ai le sentiment de les avoir quitté un peu, eux aussi. La moitié du temps du moins. Mes questions sont en boucles dans ma tête.

J'ai quitté un homme qui n'avait rien de mauvais, mais avec qui je ne riais plus, avec qui je ne partageais plus rien d’autre que des courses, des couches et un lit sans amour. Mais cette réponse ne me suffit pas. Et ce sentiment de culpabilité ne me quitte jamais. Je me lève avec ça, je m'endors avec ça. J'ai le feeling que ça va me suivre toute ma vie. Que mes questions seront toujours sans réponses acceptables. 

On me dit de lâcher prise, que le temps va aider. Pour l'instant, il n'y a pas une seconde sans que je regrette d'être loin de mes enfants la moitié du temps. 

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