J’ai souvent l’impression d’avoir commencé ma vie d’adulte à l’envers. Pour mieux vous situer, je suis devenue maman jeune. Très jeune. Au moment où la plupart des filles de mon âge magasinaient leur robe de bal, moi je me magasinais un pédiatre et les meilleurs deals sur les couches numéro deux.

Les années passent. J’ai maintenant 23 ans et trois enfants. Durant ma troisième grossesse, je savais qu’elle serait ma dernière. Je m’étais toujours imaginé avec quatre enfants. Pourtant, en tenant mon nouveau bébé chevelu, j’avais la certitude d’être rendue à destination et qu’il fallait commencer un nouveau chapitre. Ma famille était belle et bien complète, mais moi non. Durant toutes ces années, l’adolescente et la jeune femme que j’étais devenue n’avaient eu ni le temps ni l’espace mental pour se trouver, se choisir.

Une fois cette réflexion faite, on fait quoi? Et par où commencer? Ma seule expérience de vie jusqu’ici était la maternité. Rien au niveau professionnel ou scolaire. Chose certaine, j’avais besoin d’un changement de cap radical sur plusieurs plans de ma vie. J’ai donc fait l’exercice de puiser au fond de moi afin de trouver la petite chose qui me faisait vibrer à l’extérieur de mon cadre de maman.

Dans mon cas, c’est la rédaction. J’adore écrire pour moi, pour les autres. J’avais envie de miser sur ça et de voir jusqu’où une passion pouvait me mener. Il fallait maintenant trouver un domaine d’étude connexe. Malgré mon parcours scolaire quasi inexistant, j’ai été admise à l’université afin d’y compléter un certificat. Passé 21 ans, il est possible d’être admis sans prérequis scolaire si l’on possède les connaissances appropriées et une expérience jugée pertinente. Le rêve, non?

Détrompez-vous, mes premiers moments à l'université étaient vraiment difficiles. À mon deuxième cours de ma première journée, j’ai fait une crise de panique dans la classe. Grande anxieuse de nature, j’avais l’impression que mon inexpérience allait me rattraper face à tous les autres élèves plus qualifiés. Que ce n’était peut-être pas ma place en fin de compte !

Croyez-le ou non, les sceptiques ont été confondus, moi la première, étant la présidente du Grand Club des Sceptiques Anonymes. Chaque nouvelle session, je surmonte ce qui me semblait pourtant insurmontable. Je surpasse mes propres limites, j’explore et j’apprends, et ce, bien loin de ma toute petite zone de confort. L’école me permet aussi de m’ouvrir sur le monde, de cheminer et de prendre de l’assurance. À devenir peu à peu la femme que je veux être. 

J’ai vraiment l’impression d’avoir repris un peu ma liberté sur les bancs d’école. De plus, je suis persuadée d’être une meilleure maman maintenant. Lorsqu’on entretient l’étincelle qui nous fait vibrer par en dedans, les impacts positifs irradient partout autour. J’ai eu beaucoup de vertiges avant de faire le grand saut, mais je ne regrette rien. Ce n’est pas parce que ta vie semble toute tracée d’avance que tu n’as pas le pouvoir de changer ou modifier la trajectoire en cours de route.

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