J’adore repousser mes limites, mais je n’ai jamais été une athlète. J’ai toujours fait du sport pour le plaisir et pour le sentiment du devoir accompli qui suit une grosse séance d’entraînement. J’aime les sports qui me permettent de me dépasser et de voir mes progrès de manière concrète. 

Lorsque je suis tombée enceinte, le tout est devenu un peu compliqué. Avec les nausées et la fatigue des premiers mois, juste l’idée de m’entraîner me décourageait. Passer à travers la journée me prenait parfois tout mon petit change. Je n’avais donc pas du tout envie de faire une série de 100 burpees pour le « plaisir ».

Après près d’un an d’arrêt, j’ai décidé de me remettre à l’entraînement. Quelques semaines après mon accouchement, j’ai consulté une physiothérapeute en rééducation périnéale afin de m’assurer que mon corps était prêt pour une remise en forme progressive. Alors que je croyais que tout était sous contrôle ici-bas, j’ai découvert que mon accouchement avait beaucoup fragilisé mon plancher pelvien. Quelques séances de rééducation plus tard, et avec plusieurs exercices à faire en poche, j’étais de nouveau sur les rails. 

Toutefois, je me suis bien rendu compte qu’avec plusieurs dizaines de livres d’amour en plus, une capacité cardiovasculaire aux oubliettes et des muscles bien endormis, mon corps n’était plus du tout ce qu’il était un an auparavant. Et c’était dur à accepter. Même si je savais que je ne serais pas en mesure de reprendre les choses là où je les avais laissées, je n’aurais jamais cru que le recul serait de cette ampleur.

J’ai commencé mon cheminement avec des vidéos d’entraînement postnatal sur YouTube. Il en existe des tonnes, et c’est une bonne option pour réveiller tout doucement des muscles dont on a oublié l’existence. Je me suis ensuite tournée vers les vidéos d’entraînement régulier, avec un peu plus d’intensité. Déjà à ce stade, j’ai remarqué que certains exercices que j’aurais faits facilement jadis étaient hors de ma portée. Plutôt que de mettre l’accent sur la réussite des mouvements, j’ai préféré me concentrer sur le fait d’implanter l’entraînement dans notre routine familiale, et d’en faire mon petit moment à moi.

Au début de l’été, j’ai pu enfin débuter les cours de cardio-poussette. Je faisais partie de ces personnes qui croyaient que ces cours servaient principalement à jaser avec d’autres mamans en faisant un squat ici et là. Laissez-moi vous dire à quel point j’avais tort! Même après 15 semaines, je me réveillais encore un peu raide le lendemain. Je pouvais toutefois voir le progrès que j’avais fait depuis la semaine 1, et j’y trouvais un certain réconfort. 

Avec mon retour au travail qui approchait à grands pas, j’ai décidé de me tourner vers mes vieux amours en recommençant un sport que je pratiquais avant ma grossesse. Après quelques semaines, je dois encore me forcer à prendre mon temps et à ne pas me flageller parce que je ne suis pas en mesure d’exécuter certains mouvements maîtrisés auparavant. J’apprends à découvrir les limites de ce nouveau corps qui a récemment donné la vie. Et j’apprends aussi à me réjouir des petites victoires et de la capacité du corps à réapprendre si rapidement.

À toutes les mamans (et aux papas!) en processus de remise en forme, je vous dirais ceci : prenez le temps de bien faire les choses, et faites-le pour vous. Savourez chaque petit pas que vous faites vers votre objectif, quel qu’il soit, et soyez fières du chemin parcouru. Un esprit sain dans un corps sain, qu’ils disent!

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