Parce que c’est vrai qu'au fond, il y a deux façons d’aborder cette grande étape qu’est la fin du congé de maternité. C’est, en effet, la fin de quelque chose d’unique, de sacré; 365 jours durant lesquels le temps s’est pratiquement arrêté pour pouvoir donner toute notre énergie à ce petit être qui vient de naître. Cette année à la fois courte et longue qui s’achève. À vivre les montagnes russes les plus intenses qu’il nous sera jamais permis de vivre. Qui aura obligé un remaniement percutant du temps consacré au couple, mais où l’on a appris à faire autrement. Générant les émotions les plus brutes jamais ressenties et une force jusqu’ici encore inconnue pour parvenir à les réguler. Pour permettre à un amour plus grand que nature de se déployer.

Mais c’est également le début d’une nouvelle ère. Où la professionnelle côtoie chaque seconde son rôle de mère. Le début d’une nouvelle réalité qui oblige, le cœur serré, à laisser plus souvent qu’on l’aurait souhaité, notre petite protégée aux bons soins d’une personne si minutieusement sélectionnée. Souvent, je me demande comment je vais réussir à travailler comme avant, à performer autant. Ça m’effraie de ne pas pouvoir offrir le rendement que je m’en sais capable considérant l’état lamentable dans lequel la maternité a laissé mon cerveau #brainmomisathing. Mais quand j’y pense vraiment, la réalité c’est que je ne serai plus jamais comme avant. Je retourne au travail, munie d’une nouvelle identité de laquelle je ne pourrai plus jamais me dissocier. Je retourne au travail, en occupant maintenant le plus précieux, important et prenant des emplois, celui de maman. Plus jamais je ne serai la professionnelle d’avant. Désormais, je serai cette femme aux multiples chapeaux qui devra apprendre à composer avec sa vie professionnelle tout en ayant son bébé sous la peau, chaque minute qu’elle passera au boulot.

D’un côté, je ressens de l’excitation et du gros bonheur de retourner travailler sur des projets emballants et stimulants, de retrouver mes collègues – via Zoom – pour réfléchir et discuter. J’aime mon travail et comme il sera bon de le retrouver! D’un autre, je suis ambivalente, je suis triste, j’ai le cœur qui tord à l’idée de me séparer de mon petit trésor. Les premiers mois de mon congé de maternité ont été assombris par l’ampleur de la tâche, l’impression de manquer de ressources internes pour y faire face, jumelées à ma difficulté à demander de l’aide. Il m’aura fallu plusieurs mois avant que mon esprit ne s’éclaire, que mon cœur s’allège, pour me permettre de vivre pleinement le moment présent et pouvoir apprécier cette relation unique d’attachement qui se développait avec ma fille.

Mais elle est prête, sûrement même plus que moi. Elle aime aller à la garderie; avec sa mamie, elle devient une petite fille indépendante avec ses intérêts, ses préférences et ce n’est que le cours normal de la vie que nos chemins se séparent un peu pour mieux se retrouver toutes les deux.

Comment avez-vous vécu votre retour au travail?  

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