Ça faisait plusieurs semaines, voire plusieurs mois, que je me sentais bien, qu’on était sur notre erre d’aller, que la routine instaurée fonctionnait, que je me sentais vraiment on top of my mom game. Puis, il y a eu aujourd’hui.

Il faut ajouter que papa est sur le point de tomber sur le chômage d’ici quelques jours (ce qui, je vous laisse imaginer, est plus qu'attendu pour avoir un break), maman retourne bientôt travailler (allô les émotions mélangées) et cette semaine, la garderie est fermée l’une des deux journées de la semaine durant lesquelles tu peux y aller (donc pas de break). Ça fait donc beaucoup de choses avec lesquelles jongler et même si tu fais de très belles nuits et que tout le monde dort bien, je l’admets, maman est un peu essoufflée.

Puis, comme je le disais, il y a eu aujourd’hui. Tu n’as pas voulu faire ta sieste d’après-midi comme tu les fais si bien depuis un moment. Je me suis dit qu’il n’y aurait rien de mieux qu’une marche au grand air pour nous changer les idées. J’étais contente d’aller profiter de l’air froid dans mes narines, du soleil sur mes joues, de t’assoir dans la neige pour la première fois! ERREUR!

Mettre ton habit de neige s’est avéré aussi difficile et éprouvant qu’une guerre mondiale, tes hurlements étaient si agressants en plus d’être incessants, je n’ai même pas eu le temps de t’attacher dans ta poussette, tu hurlais encore à en faire fendre les fenêtres de la maison, comme si on était en train de te faire du mal. Je t’ai sortie de là, assez vivement merci, et une fois entrée dans la maison, j’ai crié. Fort. Et toi tu hurlais encore. Plus fort. Une belle catastrophe.

J’étais si fâchée que je t’ai ignorée, quelques minutes, en regardant dehors, contrariée de ne pas avoir pu saisir le petit morceau de bonheur qui me restait dans cette journée mouvementée. Insultée que du haut de tes 11 mois et demi, tu aies décidé de m’en priver. Puis, je me suis ressaisie. Je t’ai prise dans mes bras. J’ai pleuré, je me suis excusée, plusieurs fois. Et toi, tu me regardais, attentivement, mettant tes doigts dans mes yeux mouillés comme tu le fais avec les yeux de ta poupée. Et encore, j’ai pleuré.

Finalement, la journée a repris des airs de normalité avec un souper salissant, un bain amusant, une histoire apaisante et une tétée réconfortante pour finalement, t’endormir tout paisiblement dans mes bras. Comme quoi ma peur d’avoir été une mère terrifiante à tes p’tits yeux ne s’est pas avérée vraie ou du moins n’a pas duré. Je suis profondément désolée d’avoir crié mon bébé, demain, maman fera mieux, c’est promis!

P.S. Je pense qu’il est absolument normal de vivre des émotions fortes, intenses et négatives face à la maternité, notre bébé même, et c’est de les taire, les ignorer, vouloir les supprimer qui ne l’est pas. Plus on s’avouera comme maman que notre rôle de mère est sacrément challengeant et que des fois, on est à bout, moins ça sera tabou, moins les mères auront honte d’en parler et honnêtement, je pense que toutes s’en porteront bien mieux. Si toutefois, vous vous sentez au bout du rouleau, triste, en colère, que vos pensées et vos émotions vous inquiètent, n’hésitez pas à demander de l’aide. Appelez votre amie, jasez avec votre mère, textez votre collègue ou contactez les ressources qui sont à votre disposition dans votre région pour vous aider à réduire la pression, exprimer vos émotions trop intenses, faire sortir le trop-plein.

Tiens bon maman, ça va passer <3

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