Je m'ennuie de ma maman.

Celle qui me prend dans ses bras avec la plus grande force des mamans, qui m'enrobe de tout son amour, qui sent bon les biscuits. Celle avec qui l'on peut parler pendant des heures, ou être silencieuses sans vide. Celle qui me fait sentir comme une enfant et si vieille à la fois. Avec qui je ris jusqu'aux larmes. Qui me tend l'épaule pour pleurer. Qui chante, qui danse, qui sourit jusque dans ses yeux. 

Je m'ennuie de ma maman.

Foutue Covid.

J'ai cette chance que tout mon entourage soit en santé et que le virus n'ait fauché personne que je connais. J'écoute sagement les consignes depuis le 13 mars, je suis en télétravail, je me lave les mains tout le temps, j'évite les magasins, je ne fais pas de party en catimini. Mon moment de social dans la journée se résume aux 5 minutes le matin et le soir lorsque je vais au CPE et que je croise l'éducatrice, aux discussions de soirée avec mon conjoint - mais qu'ai-je à lui dire après 8 mois à la maison? Aux appels Zoom de travail. 

Et à Facetime. Au moins, on a Facetime. 

Mais c'est froid, Facetime. 

Avec les kilomètres qui nous séparent, les restrictions et aussi les craintes, ma maman, je ne l'aurai vue que 2h depuis février. Oh, j'envie ceux dont les parents sont tout près, ce que je donnerais pour aller faire des bisous par la fenêtre. Je donnerais tout un câlin à la porte de la maison de mon enfance pour compenser.

Je suis tannée, comme tout le monde. Mais on tient bon, parce qu'on voit bien ce qui se passe partout, les hôpitaux qui débordent. On est chanceux, on reste à la maison, on reste en santé, on prend des nouvelles, des cafés.

Mais aujourd'hui, il n'y a rien qui réussit à combler ce trou, ce vide, ce manque. La chaleur humaine, l'odeur de la maison familiale, le son du meilleur café du monde qui coule, un casse-tête 2000 morceaux. 

Avec le temps des Fêtes, les souvenirs reviennent, les odeurs pourtant absentes me montent au nez. J'ai le coeur qui se berce dans mes souvenirs d'enfance, ces soirées à la table avec mes soeurs, mon frère et mes parents. La musique en fond, le bonheur au rendez-vous.

Je m'ennuie de ma maman, de ma famille. 

On se part des nouvelles traditions, le temps est doux avec ma fille et mon conjoint. Un temps des Fêtes sans stress, des biscuits, des glissades, des colleux, des journées en pyjama. On s'enrobe d'amour.

Mais ce ne sont pas les bras de ma maman, la plus douce des mamans.

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